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| Gilles Favier |
« Quand,
aujourd’hui, un photographe français choisit de s’attacher à une
communauté et de trouver, en images, le ton juste pour parler à la
fois de la réalité contemporaine et de la mémoire
de ceux qui ont été arrachés à leur terre
natale d’Afrique, devenus des esclaves sous le soleil du Brésil,
il est confronté à des choix esthétiques et obligé de
préciser sa position et sa situation. Gilles Favier le fait avec
l’honnêteté et la rigueur qui caractérisent
tout son travail généreux, engagé, politique au
sens véritable du terme.(...) Les notions de sujet et d’objet sont dépassées, en raison du respect, quand le propos est de faire partager une expérience qui met en cause aujourd’hui et l’histoire, la réalité ancienne de l’esclavage et les visages d’aujourd’hui, entre beauté et douleur, entre curiosité et abandon. Ce faisant, Gilles Favier participe du questionnement sur la nature, les enjeux et donc les limites d’une photographie qui dialogue avec l’ethnologie. Inventorier, décrire sans reproduire, être obligé de s’inscrire avec la plus grande humilité, être obligé - puisqu’il s’agit d’une photographie qu’il doit assumer et d’une situation complexe - de montrer sans dire, sans prouver, sans penser à la vérité, mais également s’effacer. En fait, participer d’une ethnologie qui, parce qu’elle est photographique, pose davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses. Et les questions qu’il pose à la photographie, à sa photographie, sont celles qui traversent les enjeux essentiels du documentarisme aujourd’hui. Cinquante ans plus tard, je repense à Pierre Verger. » Christian Caujolle, Directeur artistique de l’Agence VU |
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